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Wall Street en nette hausse

4 Août 2022 08:45 | Actualités

Wall Street a signé une très belle séance mercredi soir, dopé par des indicateurs économiques rassurants face aux craintes de récession, notamment du côté de l’activité des services, mais aussi par de solides résultats financiers pour Paypal,CVS Health ou Moderna, entre autres. De quoi mettre de côté les tensions entre Washington et Pékin, relancées par la visite à Taïwan de la présidente de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi.

A la clôture des marchés, le Dow Jones gagne 1,29% à 32.812 points et le S&P 500, plus large, avance de 1,56% à 4.155 points. Le Nasdaq bondit de 2,59% à 12.668 points.

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mercredi, dopées notamment par la publication d’une série encourageante de résultats de sociétés. À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,97% à 6.472,06 points. Le Footsie britannique a pris 0,49% et le Dax allemand 1,03%.

Pétrole et devises

Les cours du brut ont reculé après l’annonce d’une nette hausse des réserves de pétrole aux Etats-Unis la semaine passée. D’après le Département américain à l’Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont progressé de 4,5 millions de barils lors de la semaine close le 29 juillet à 426,6 mb. Le consensus tablait sur une baisse de 0,6 mb. Les stocks d’essence ont augmenté de 0,2 million de barils (-1,6 mb de consensus), et ceux de produits distillés ont baissé de 2,4 millions de barils (+1 mb de consensus).

L’Opep+, qui réunit l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, a décidé de relever ses objectifs de production de septembre de 100.000 barils par jour, a-t-on appris mercredi d’une source au sein de l’Opep. Cette légère augmentation, qui équivaut à 86 secondes de la demande mondiale de pétrole, est décrite par les analystes comme une insulte au président américain Joe Biden après son voyage au Moyen-Orient le mois dernier et l’autorisation donnée par Washington de vendre des missiles défensifs à Riyad et aux Émirats arabes unis. Le baril de brut WTI perd 3,6% et glisse sous les 91$.

L’once d’or perd 1% à 1.772$. L’indice dollar monte de 0,4% face à un panier de devises de référence et l’euro se stabilise autour de 1,0167 dollars. Le bitcoin s’affirme pour sa part sur les 23.000$.

Toujours des tensions entre Pékin et Washington

Dans l’actualité géopolitique, la présidente de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi, a quitté Taïwan ce mercredi à l’issue d’une visite au cours de laquelle elle affirmé le soutien et la solidarité des États-Unis à la démocratie taïwanaise, suscitant de vives réactions de Pékin… Il s’agissait de la première visite sur l’île d’un responsable américain d’un rang élevé depuis 25 ans. La Chine, irritée au plus haut point, a ordonné des exercices militaires maritimes et aériens autour de Taïwan ainsi que des tests de missiles en mer à l’est de l’île. Les USA ont mis en garde la Chine contre toute opération militaire contre Taïwan sur le prétexte de cette visite. Pékin a décrété de nouvelles sanctions commerciales contre Taïwan, avec notamment une suspension des importations d’agrumes et de certains poissons… Pelosi, qui s’est aussi rendue à Singapour et en Malaisie, poursuivra sa tournée en Asie.

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 ont appelé mercredi la Chine à résoudre pacifiquement les tensions autour du détroit de Taïwan. “Il n’y a pas de justification à se servir d’une visite comme prétexte pour une activité militaire agressive dans le détroit de Taïwan”, ont dit les chefs de la diplomatie du G7 dans un communiqué commun. “C’est normal et routinier pour les législateurs de nos pays de voyager à l’international.”

Les stats du jour

L’indice PMI composite américain final du mois de juillet 2022 s’est établi à 47,7, contre 47,5 de consensus FactSet et 47,5 également pour la lecture préliminaire. L’indicateur final des services est ressorti quant à lui à 47,3, contre 47 de consensus et 47 pour la lecture flash. Inférieurs à la barre des 50, ces indicateurs signalent une contraction de l’activité.

L’indice ISM des services américains pour le mois de juillet 2022 s’est établi à 56,7, nettement supérieur au consensus FactSet qui se situait à 53,5, et en totale contradiction avec l’indice PMI des services révélé plus tôt ce jour. Un mois avant, l’ISM était de 55,3. Le rapport du jour signale donc une accélération de la croissance dans les services aux USA, alors même que le PMI des services signale lui une contraction…

Les commandes industrielles américaines du mois de juin, qui viennent aussi d’être dévoilées ce mercredi, se sont établies en augmentation de 2% en comparaison du mois antérieur, contre +1,2% de consensus et +1,8% un mois avant.

La Fed en dit plus

Patrick Harker, patron de la Fed de Philadelphie, interviendra ce jour. Les responsables de la Fed ont récemment tempéré les ardeurs des marchés financiers, qui anticipent déjà la future baisse des taux espérée en 2023, alors même que le cycle de resserrement destiné à lutter contre une inflation record n’est absolument pas terminé. James Bullard, qui dirige la Fed de St. Louis, a précisé pour sa part sur CNBC qu’il allait être difficile de faire revenir l’inflation à 2%. Une telle performance nécessitera selon lui “une action robuste” sur le plan monétaire.

Les valeurs

AMD perd 1,2% à Wall Street, malgré un solide rapport du deuxième trimestre. Pour la période, le groupe a réalisé un bénéfice ajusté par action de 1,05$, dépassant ainsi les attentes de marché, alors que ses revenus se sont établis à 6,55 milliards de dollars, contre 3,85 milliards un an avant. Le groupe livre toutefois une guidance de revenus du troisième trimestre légèrement inférieure aux estimations de Wall Street. Le groupe affiche toujours une belle croissance sur les activités de centres de données, au détriment d’Intel, mais réduit ses ambitions de marché sur le segment PC. La prudence semble donc dominer en termes de perspectives, et AMD ne parvient pas à rassurer après une publication particulièrement décevante du rival Intel.

PayPal bondit de 9% à Wall Street. Le groupe a en effet dépassé les attentes de profits sur le trimestre clos, avec les réductions de coûts. Il ajoute en outre 15 milliards de dollars à son programme de rachat d’actions et annonce la nomination d’un ancien d’Electronic Arts, Blake Jorgensen, en tant que directeur financier. Pour le deuxième trimestre fiscal, le bénéfice ajusté par action a été de 93 cents, contre 86 cents de consensus et 1,15$ un an avant. Les revenus ont totalisé quant à eux 6,81 milliards de dollars, contre 6,24 milliards un an avant. Ils ressortent légèrement supérieurs aux attentes. Comme si cela ne suffisait pas, le groupe indique que l’investisseur activiste Elliott Management s’est invité au tour de table avec une participation de plus de 2 milliards de dollars. La société de technologie financière a “une empreinte inégalée et est à la pointe de l’industrie dans ses activités de paiement”, a déclaré Jesse Cohn, directeur associé chez Elliott, un jour après que la société d’investissement a divulgué une participation dans le réseau social Pinterest.

PayPal en profite pour relever ses prévisions financières. Le bénéfice ajusté annuel par action est maintenant anticipé entre 3,87 et 3,97$, contre une fourchette antérieure allant de 3,81 à 3,93$.

Starbucks (+4,2%), la chaîne américaine de cafés, a annoncé hier soir, pour son troisième trimestre fiscal, un bénéfice ajusté par action de 84 cents, à comparer à un consensus de 77 cents et un niveau de 1,01$ un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 8,15 milliards de dollars, légèrement inférieurs au consensus, contre 7,5 milliards pour la période correspondante de l’an dernier. Howard Schultz, le dirigeant du groupe, prévient par ailleurs que la hausse des salaires aux États-Unis et les restrictions covid en Chine devraient peser sur les marges, mais ajoute que la chaîne n’observe pas actuellement de signes de ralentissement des dépenses des consommateurs. Sur le trimestre clos, le groupe a profité d’une forte performance sur son marché domestique américain et de l’augmentation des prix, compensant un plus faible trafic et les difficultés en Chine. La marge opérationnelle a été de 15,9% sur le trimestre, supérieure aux anticipations des analystes, mais en baisse de 400 points de base en glissement annuel.

Airbnb (-1,1%) a battu le consensus de bénéfice sur le trimestre clos et annoncé un programme de rachat d’actions de 2 milliards de dollars. Airbnb a même dégagé son premier bénéfice pour un deuxième trimestre en tant qu’entreprise cotée. Pour le trimestre clos, le bénéfice ajusté par action a été de 56 cents, contre 41 cents de consensus et -11 cents un an avant. Les revenus ont totalisé 2,1 milliards de dollars sur ce trimestre clos en juin, en ligne avec les attentes, contre 1,34 milliard un an plus tôt. Le groupe a affiché des réservations record avec la reprise des voyages. En outre, le management table sur une forte période estivale. Néanmoins, la guidance de réservations du trimestre entamé semble décevoir quelque peu, au même niveau que le record précédent, ce qui ressort un peu court pour des investisseurs exigeants. Les craintes portent donc sur un ralentissement de croissance, alors que l’excellent mois d’avril avait déjà été suivi de performances plus mitigées en mai et juin. Le groupe de San Francisco espère des revenus allant de 2,78 à 2,88 milliards sur le trimestre entamé, contre 2,8 milliards de consensus.

Apple (+3,8%), le géant californien de Cupertino, a levé 5,5 milliards de dollars sur le marché de la dette afin de financer notamment ses dividendes et rachats d’actions, procédant à une émission obligataire en quatre tranches, quelques jours seulement après avoir annoncé des comptes trimestriels plutôt rassurants, soutenus par les ventes d’iPhone.

Electronic Arts (+3,4%), l’éditeur américain de jeux vidéo, a dépassé les attentes sur le trimestre clos en juin, mais fournit par ailleurs une guidance sans grand relief. Pour son premier trimestre fiscal, le groupe connu pour sa franchise FIFA a dégagé un bénéfice ajusté de 47 cents, largement supérieur aux estimations de marché. Les ventes ajustées ont été de 1,3 milliard de dollars, en baisse par rapport à l’an dernier, mais meilleures que prévu avec FIFA et le récent lancement F1. Le groupe, qui édite également Apex Legends, prévoit pour son deuxième trimestre des revenus ajustés allant de 1,73 à 1,78 milliard, à comparer à un consensus de 1,87 milliard. L’industrie du jeu est considérée par certains comme “résistante à la récession” car elle offre une source de divertissement relativement moins chère, mais le directeur financier d’EA, Chris Suh, a déclaré que la société n’était pas “complètement à l’abri” dans ce contexte. Il indique aussi que le dollar fort impactera les troisième et quatrième trimestres fiscaux.

Gilead Sciences (+4,6%), le laboratoire pharmaceutique américain, a rehaussé hier soir ses estimations de ventes totales de produits pour l’année et de bénéfice ajusté par action, mais abaissé sa guidance en termes de bénéfice consolidé par action. Gilead a déclaré qu’il s’attendait à des ventes totales de produits entre 24,5 et 25 milliards de dollars pour l’année, par rapport à ses prévisions publiées en février allant de 23,8 à 24,3 milliards de dollars. Il prévoit également des ventes totales de produits, à l’exclusion de Veklury, entre 22 et 22,5 milliards de dollars, par rapport à ses prévisions précédentes de ventes logées entre 21,8 et 22,3 milliards de dollars. Les ventes de Veklury devraient s’élever à environ 2,5 milliards de dollars, en hausse par rapport à ses prévisions initiales de 2 milliards de dollars.

Zimmer Biomet (+1,4), le géant américain du matériel médical, a annoncé pour le deuxième trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,82$, en croissance de plus de 20% en glissement annuel et supérieur de 12% au consensus. Les revenus trimestriels se sont appréciés de 1% en données consolidées à 1,78 milliard de dollars (+6% à changes constants). Ces revenus battent de 3% le consensus. Après cette belle performance, le groupe relève ses estimations pour l’exercice 2022. Les revenus sont anticipés pratiquement stables (-1% à +1%), alors que le bénéfice ajusté par action est attendu entre 6,7 et 6,9$.

Regeneron (+5,9%) a dépassé les attentes de marché sur le trimestre clos. Revenus et bénéfices ont néanmoins reculé fortement en glissement annuel. Regeneron Pharmaceuticals a annoncé mercredi une baisse de 72% de son bénéfice trimestriel, pénalisé par les ventes sans vigueur de son cocktail d’anticorps Covid-19 après que le régulateur américain de la santé a limité son utilisation. Ainsi, la société n’a enregistré aucune vente du médicament REGEN-COV aux États-Unis pour le deuxième trimestre consécutif. Le chiffre d’affaires de Regeneron au deuxième trimestre est tombé à 2,86 milliards de dollars, contre 5,14 milliards de dollars il y a un an. Le manque de ventes liées au Covid a été très partiellement compensé par de fortes ventes de ses médicaments à succès, notamment le médicament anti-inflammatoire Dupixent, développé conjointement avec Sanofi, et le traitement des yeux Eylea. L’expansion du label de Dupixent au cours des derniers mois a fait grimper les ventes, avec un chiffre d’affaires en hausse de près de 40% à 2,09 milliards de dollars. Le bénéfice net du fabricant de médicaments est tombé à 852 millions de dollars, ou 7,47 dollars par action, contre 3,1 milliards de dollars un an plus tôt.

Moderna (+16% !). Le laboratoire a fait état pour le deuxième trimestre de revenus de 4,7 milliards de dollars, ainsi que d’un bénéfice net de 2,2 milliards de dollars et d’un bénéfice par action de 5,24$ en GAAP. Moderna Inc a simplement maintenu ses perspectives de ventes pour l’année entière concernant le Covid-19, à 21 milliards de dollars avec la baisse des commandes des pays à revenu faible et intermédiaire via le programme international de partage de vaccins COVAX. Les prévisions sont donc inchangées malgré l’accord de 1,74 milliard de dollars de Moderna la semaine dernière avec le gouvernement américain pour 66 millions de doses d’un vaccin mis à jour pour les sous-variants d’Omicron. “C’est à cause de COVAX. Comme vous vous en souvenez, nous avons un partenariat avec COVAX pour fournir des produits aux pays à faible revenu. COVAX ne veut pas des doses qu’ils ont commandées”, a déclaré à Reuters le directeur général du groupe, Stéphane Bancel.

CVS Health (+6,2%), la chaîne américaine de pharmacies, a relevé ce mercredi ses prévisions financières, après un deuxième trimestre fiscal marqué par une croissance des ventes de 11%. Pour le trimestre clos fin juin 2022, le groupe a réalisé un bénéfice net de 2,96 milliards de dollars et 2,23$ par action, contre 2,79 milliards un an avant. Les revenus ont totalisé 80,6 milliards de dollars, contre 72,6 milliards pour la période comparable de l’an dernier. L’unité d’assurance santé a vu ses revenus augmenter de 11% à 22,8 milliards. La demande en tests et vaccination a toutefois ralenti, avec la stabilisation des cas covid aux USA.

Yum! Brands (-2%), le groupe américain de restauration rapide, rapporte ce mercredi des comptes mitigés, malgré de fortes ventes de Taco Bell. Les revenus trimestriels se sont améliorés de 2% à 1,64 milliard de dollars. Le bénéfice net a représenté 224 millions de dollars soit 77 cents par titre, contre 391 millions un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,05$, inférieur aux anticipations de marché, mais les revenus ressortent en ligne avec le consensus.

Robinhood (+11,7%). Le courtier en ligne californien vient de publier des revenus trimestriels en très forte baisse de 44%, et réduit de 23% ses effectifs afin de faire face. Le groupe de Menlo Park a déploré sur le trimestre clos une perte nette de 295 millions de dollars. Hors éléments, la perte par action a été de 32 cents, contre -37 cents de consensus. Robinhood Markets a affiché sur le trimestre clos fin juin des revenus de 318 millions de dollars seulement, avec la chute de l’activité de trading sur actions, options et cryptomonnaies. Un an plus tôt, les recettes étaient de 565 millions de dollars. L’entreprise a annoncé qu’elle entamerait une nouvelle série de licenciements touchant 780 employés, en plus des coupes ayant frappé déjà 9% des salariés à temps plein plus tôt cette année.